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Ahmed Bouidi

L’expérience de l’artiste plasticien et président de l’Association Bassamat des Beaux-arts Ahmed Bouidi s’inscrit dans le processus de la nouvelle sensibilité qui a choisi la recherche et l’expérimentation comme sa demeure créative au sens profond du terme. C’est un artiste organique, un acteur associatif et un pédagogue habité par les arts visuels depuis sa plus tendre enfance et tout au long de son cursus scolaire, couronné par le Diplôme de l’Ecole Supérieure des Beaux-arts de Casablanca en 1993. Ahmed Bouidi (né en 1967 à Casablanca) est l’un des passionnés de l’amour du pinceau et l’expérimentation des matières picturales et non picturales sur divers supports. On le voit passer d’un monde expressionniste à un monde différent avec souplesse et fluidité, écoutant ses intérieurs, ouvert aux styles esthétiques et aux aventures plastiques mondiales. Ses œuvres sont une sorte de poésie visuelle que nous écoutons avec l’œil et une leçon de la méditation esthétique qui se présente sous une forme rituelle semblable à la célébration du beau et du brut, je veux dire la célébration du temps. Emil Cioran n’a-t-il pas dit: “Être moderne, c’est bricoler dans l’incurable”. Toutes les manifestations artistiques et expositions individuelles et collectives organisées par l’artiste créateur Ahmed Bouidi soulignent l’étendue de sa maîtrise technique et sa consistance intellectuelle en tant qu’ingénieur de la culture de la proximité avec des êtres et des choses. Il est l’auteur de plusieurs questions brûlantes sur l’art, le monde, l’être et l’entité.

À la lumière de ses nouvelles œuvres, l’artiste Ahmed Bouidi aborde les problèmes de l’homme contemporain au regard de sa mémoire collective, engagée dans les géographies de la communication mondiale et fidèle à l’appel venant des profondeurs de l’être recherchant l’harmonie et l’entente, et non des rapports de force et de dissonance. Chaque œuvre artistique est un visa d’accès à une œuvre différente sans redondance ni reproduction. L’artiste formule des éclats avec la couleur, la forme et la trace qui s’ajoutent aux registres de la création à la fois expérimentale et problématique: création libre digne d’un suivi et d’un accompagnement par la pensée, la critique et les médias. L’œuvre d’Ahmed Bouidi provoque notre imagination et nous conduit à un voyage intérieur dans les univers des sens et des significations. Dans sa présence visuelle, nous entendons presque l’appel métaphorique du corps au pluriel. Il occupe la plus grande part de l’espace scénique. Lorsque nous décodons les messages des œuvres énigmatiques, il nous semble que la trace est le paradigme de l’œuvre en entier. Le philosophe Nietzsche aimait à répéter: «Nous devons avant tout apprendre à entendre le mouvement des verres ». Ici, nous avons le droit de répéter: «Nous devons avant tout apprendre à entendre l’appel du corps». Les blancs du tableau cache l’indésirable et l’impensable. Sa plénitude est empreinte d’un prétexte chimique pour révéler l’âme de l’être qui se réjouit de son entité c’est-à-dire de sa liberté dans sa condition existentielle sans simulations ni masques. Le désir de l’art n’est-il pas survivre, continuer à vivre, vivre à l’au-delà, revenir à la vie ? C’est le manifeste visuel tiré de l’expérience d’Ahmed Bouidi. Un manifeste qui rappelle aux obsédés par la beauté cachée du poète Eluard: «Le dur désir de l’oubli). Dans les tableaux d’Ahmed Bouidi, nous regardons le corps comme si nous apprenions à regarder à zéro … comme si nous voyions pour la première fois … comme s’il nous invitait à oublier notre ancienne vie et à nous adapter à notre nouvelle vie. L’oubli n’est-il pas une nouvelle mémoire, une mémoire double et excessive? En effet, Ahmed Bouidi est porteur d’un projet esthétique et expressif brut dans ses trois sens: temporel / anticipatif, spatial / projectionniste et visuel/ optique. Ainsi, par sa technique mixte, l’artiste a assemblé la logique de soi et la logique de l’art plastique, et la logique de sens. Les corps d’Ahmed Bouidi recherchent la distance, l’espace et la différence (dégagement) sans tenir compte de l’engagement ou le désengagement.

Suite à la déclaration du grand écrivain français Gustave Flaubert selon laquelle la bêtise consiste à vouloir conclure, je garderai la distance mentionnée, laissant les corps d’Ahmed Bouidi dans le tableau nous appeler, comme ils nous appellent dans la société du spectacle qui prend plusieurs formes pour produire le non-sens et l’impensé. C’est ces corps symboliques qui ont fait de l’œuvre de cet artiste expérimentateur un laboratoire ouvert sur de nombreuses possibilités et découvertes. «L’image du corps humain est l’image de notre propre corps que nous formons dans notre pensée et notre culture.», a écrit Schilder dans son livre « L’image du corps». Tel est le pari d’Ahmed Bouidi, engagé dans le dédale du voyage permanent dans la mémoire de la matière, du support et de l’espace, créant ainsi un art avant-gardiste face à la culture du kitsch ou de l’arrière-garde selon les termes du critique américain Clément Grenberg.